Vous êtes ici : >

Halte spirituelle : l'Epiphanie du 6 janvier 361

 Le 6 janvier 361 - Fête de l’Épiphanie à la cathédrale en présence de l'empereur Julien

« L’empereur Julien s’était rendu à leur église le jour de la fête que les chrétiens célèbrent en janvier et qu’ils appellent Épiphanie » [d’après l’historien Ammien Marcellin].

 

Ces quelques mots devraient avoir un écho particulier dans l'Église de Vienne, car c’est d’un épisode viennois qu’il s’agit, rapporté par un historien latin, avant même la fin du IVe siècle. L’événement n’est pas anodin : il témoigne d’une pratique liturgique adoptée par la communauté chrétienne locale alors même que le jeune empereur Julien qui l’honorait de sa présence était plus intimement attiré par la restauration des anciens cultes païens.

Séjours de Julien à Vienne

2476850295_99_194px-julianusii-antioch-360-363-cng.jpg

Cet épisode viennois de la vie de l’empereur romain Julien a été relaté par l’historien Ammien Marcellin, lui-même officier supérieur dans l’armée romaine, témoin direct des profondes mutations et des crises qui affectèrent alors l’Empire romain après 350. Sa carrière militaire s’est déroulée sur deux fronts : en Orient – dans les guerres impériales contre les Perses -, en Gaule – dans la défense contre les assauts des peuplades barbares (Alamans, Francs..). C’est dans ces circonstances qu’il croisa le jeune Julien pour lequel il eut une grande admiration et auquel l’empereur Constance II venait d’accorder le titre de César pour l’Occident (6 novembre 355).

En ce début de janvier 361 Julien se trouvait à Vienne. Il était alors âgé de moins de 30 ans. Mais ce n’était pas la première fois qu’il avait fait le choix d’y séjourner ! Déjà, à la fin de 355, envoyé en Gaule par Constance II pour enrayer les périls, Julien était entré à Vienne avec une petite troupe dans la première quinzaine de décembre ; l’accueil y fut très chaleureux car du nouveau prince tous espéraient un redressement militaire et sécuritaire.

  • Vienne, depuis un peu plus d’un demi-siècle, était  capitale de province et jusqu’aux environs de 350 avait été le chef-lieu d’une circonscription civile englobant plusieurs provinces du Sud de la Gaule. La situation de la ville avait aussi une importance stratégique. Elle pouvait jouer le rôle d’une base arrière dans la guerre contre les barbares, et contrôlait un des débouchés de voies alpestres d’où pouvait surgir une armée rivale (éventuellement des troupes envoyées par Constance dont Julien se méfiait de plus en plus).

Après une victoire sur les Francs au cours de l’été 360, Julien était donc revenu hiverner à Vienne. Son séjour viennois dut se prolonger encore quelques mois, jusqu’au printemps 361. Parallèlement à sa fortune militaire qu’il tachait de gérer au mieux, l’empereur, sans en laisser paraître, n’avait pas mis entre parenthèses ses convictions religieuses. Il n’avait pas délaissé les pratiques rituelles païennes : divination, astrologie, haruspicine, et autres rites auxquels se sont toujours livrés les adorateurs des dieux païens.

Rien d’étonnant à ce qu’on ait alors gardé la mémoire d’une vision qu’il eut à Vienne, une de ces nuits où il devait faire ses plans pour se préparer à l’affrontement contre l’empereur Constance. Un fantôme lui était apparu et sa sentence l’avait persuadé de la mort prochaine de Constance.

 

La fête de l'Epiphanie

image gauche

Cependant, par opportunisme, Julien feignait d’être chrétien ; et c’est dans ces conditions qu’il alla prier la divinité au milieu des chrétiens de Vienne. Le 6 janvier 361 il trouva opportun de manifester sa présence officielle à la messe de l’Épiphanie, célébrée à l’ecclesia, terme qui désignait alors la cathédrale. Quel était alors l’évêque qui présidait cette fête dont l’institution était relativement récente ? Deux noms de la liste épiscopale sont éligibles : Paracodes et Florentius.

Cette mention de l’Épiphanie célébrée à Vienne le 6 janvier 361 n’est pas anodine. C’est la première mention de cette fête en Occident, fête née en Orient, avant même que la célébration de la Nativité (l’Incarnation) à la date du 25 décembre ne fût généralisée en Occident et exportée de là en Orient. Cette fête liturgique était alors moins une festivité commémorant les événements de l’enfance du Christ – comme aujourd'hui l’Adoration des Mages qui clôt le cycle de Noël – que la manifestation de Jésus au monde, le début de son ministère inauguré par son baptême au Jourdain et les noces de Cana.

 

Edition de cartes postales

L'association Cathédrale vivante a édité une nouvelle série de cartes postales offrant des vues variées de la cathédrale : vues extérieure (façade ouest) et intérieures, chapiteaux romans, zodiaque roman, anges musiciens, frise à incrustations, mausolée des archevêques....

Points de vente : la cathédrale, l'office de tourisme, la librairie Lucioles, la librairie Passerelles et le point presse du centre commercial de l'Isle.

8899607264_40_4-cth6439_1698-copie-redd.jpg

Détail du mausolée des archevêques

image gauche

Chapiteau roman : l'Entrée du Christ à Jérusalem